La caricature est un type de satire graphique exagérant tout aspect ridicule ou déplaisant. De l’Antiquité à nos jours, elle a toujours été un contre-pouvoir. Dans quelles mains?

Dès L’Antiquité, la Grèce a eu un caricaturiste, Pauson, dont le nom est cité par Aristophane et Aristote.

La Renaissance voit passer des illustrateurs comme Lucas Cranach l’Ancien, Hans Holbein ou Niklaus Manuel, auteurs d’estampes grotesques anti-papistes.

Considérée comme un genre médiocre par les peintres, elle s’épanouit avec l’extension des arts graphiques et la professionnalisation de dessinateurs, illustrateurs et graveurs qui apparaissent à Londres dans les années 1750. William Hogarth, considéré comme le père de l’estampe satirique anglaise emmène dans son sillage les premiers véritables caricaturistes au sens moderne que sont James Sayers, Thomas Rowlandson, James Gillray, Henry William Bunbury et Isaac.

Au XIXe siècle, l’industrialisation de l’imprimerie d’abord au Royaume-Uni puis en France ainsi que la loi sur la liberté de la presse, votée en 1881 marque un âge d’or de la caricature politique et du dessin de presse qui se termine au début de la 1ère Guerre Mondiale.

Durant la Première Guerre mondiale, les caricatures nationalistes, souvent haineuses, sont à leur apogée : rares sont les dessinateurs qui osent s’attaquer à la logique guerrière. En septembre 1915 naît Le Canard enchaîné qui contient au début principalement des écrits.

En 1960 naît Hara-Kiri mensuel autour des dessinateurs Cabu, Topor, Gébé et Wolinski qui devient Hara Kiri hebdo en 1969 mais interdit dès novembre 1970 après une couverture sarcastique sur la mort de Charles de Gaulle. Le magazine renaît en juillet 1972 sous le titre Charlie Hebdo, qui disparaît, faute de lecteurs, en 1982 puis reparaît finalement dix ans plus tard avec de nouveaux collaborateurs, entre autres les caricaturistes Charb et Tignous.

Aujourd’hui les caricaturistes ont largement investi les réseaux sociaux et internet !